Depuis la construction du Mur de Berlin en août 1961 qui n'était qu'une petite partie, mais la plus emblématique, d'une frontière pratiquement inviolable entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est, la République Démocratique d'Allemagne de l'Est était devenue une véritable prison pour tous ses habitants, plus mal vécue encore par les habitants de sa capitale, Berlin-Est.
En 1962, John Fitzgérald Kennedy vient dire chez eux aux Allemands : "Je suis un Berlinois", mais hélas rien ne vient pour améliorer le sort des Berlinois et Allemands de l'Est... sinon des évolutions toujours plus terrifiantes du Mur de la Honte.
Plus de 25 ans plus tard, devant la Porte de Brandebourg à Berlin, près du Mur, Ronald Reagan frappe plus fort encore en direction de l'Est en exigeant de Gorbatchev (principal dirigeant du Soviet Suprême en URSS à l'époque) : "Détruisez ce Mur !"
Finalement, en automne 1989, la Hongrie ouvre sa frontière vers l'Ouest, et dès lors, comme une série de dominos, aucune des autres frontières à l'Est ne tient plus, tout le monde tente le voyage vers l'Ouest, d'abord via la Hongrie, puis depuis les autres frontières qui craquent de toutes parts...
Le 9 novembre le Mur de Berlin tombe enfin, cet événement aurait pu finir en carnage car les soldats en garde du Mur ne savaient rien et n'avaient reçu aucun ordre de retrait : ils auraient pu tirer comme ils en avaient l'ordre ordinaire ! Ils n'en firent rien et c'est une foule en liesse avec des masses, des marteaux-piqueurs puis avec de lourds engins de travaux publics, qui se mit à démolir le Mur, pas seulement dans la tête des gens, mais réellement, tant ce Mur avait été celui de la Honte, celui d'un Etat ultra-policier et répressif, qui ne devait sa survie qu'à la terreur qu'il imposait à ses ressortissants !
Souvenons-nous, pour rendre à César ce qui appartient à César, que ces événements ont été préparés par la fronde syndicaliste et la forte opposition ouvrière initiée en Pologne dans la période tragique précédente et l'épopée du Syndicat Solidarnosc, un mouvement qui aura contribué à la remise en cause des bases des régimes soviétiques : un seul parti, un seul syndicat...