C'est la nouvelle du jour, le fils dénoue le noeud gordien créé par son propre père, dans l'affaire de la (quasi)nomination du jeune Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement public de la Défense, il se présentera comme administrateur, pas plus... En l'espèce il montre plus de maturité politique que son père, lequel en avait fait une affaire personnelle après avoir monté le puzzle lui-même, c'était en quelque sorte reconnaître les faits sans les avouer.
Cette affaire est révélatrice du tournant qu'a pris la présidence de la République ces derniers mois, Nicolas Sarkozy décide seul et n'écoute personne, ses conseillers connaissent ses idées par coeur et fonctionnent dans ce sens. Il se raconte que dans les rencontres auxquelles il participe avec sa garde rapprochée, ou toutes autres réunions pour rendre compte des sommets internationaux auxquels il a pris part, notre président parle seul, s'écoute parler puis met fin à son discours en disant : "Je vous remercie, ce débat a été des plus passionnants..."
Pour l'EPAD, il en a été de même, M Sarkozy a manoeuvré depuis de nombreux mois pour que cette "élection" de son fils Jean se fasse sans coup férir. Personne dans l'entourage du président n'a osé lui dire la vérité, que c'était une fausse bonne idée, vu l'âge et le manque d'expérience de son fils. Du haut de son perchoir, n'entendant que les seules voix de l'opposition, il a parlé de complot médiatique contre sa personne...
Si son fils Jean n'avait pas renoncé lui-même à ce poste, il aurait été élu sans l'ombre d'un doute, même sans les votes des représentants de l'Etat, puisque la balance penchait majoritairement de son côté grâce à l'appui bienveillant du représentant de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris et des membres élus UMP appelés à voter... Ce qui fait dire que même une chèvre désignée par l'UMP à ce poste aurait été élue !
Notre ministre de la Relance Patrick Devedjan, actuel président de l'EPAD, va rendre les clefs de l'EPAD en décembre, atteint par la limite d'âge, 65 ans.
Il a bataillé ferme il y a quelques mois pour faire passer discrètement un amendement de loi lui permettant de reculer cet âge et ainsi de se maintenir à ce poste. L'Elysée s'y est opposé.
Il faut savoir qu'il y a plusieurs années, Nicolas Sarkozy, alors ministre du gouvernement Raffarin, et Patrick Devedjan avaient de conserve obtenu cette limite d'âge pour l'EPAD, ce qui ouvrait la porte de la présidence à ce dernier !
A ce jeu, parfois on gagne et puis l'histoire vous rattrape et on finit par perdre...
Il reste à Jean Sarkozy, en tant que jeune élu, à faire ses preuves pour le bien public, au jeune étudiant à gagner ses diplômes comme tout un chacun, au jeune adulte à fonder une famille, il sera bien encore temps pour envisager de prendre d'assaut, sans l'aide de papa, la mairie de Paris si ça lui chante !
G.Lignier